Category: Livres,Romans et littérature,Autres littératures étrangères
Le singe pélerin ou le pélerinage d'Occident : Si-yeou-ki Details
Au début du VIIe siècle, un moine chinois, Hiuan Tsang, partit de Xi'an pour une invraisemblable randonnée en direction de l'Inde. Sa mission : trouver les écritures sacrées du bouddhisme. Le pèlerinage de Hiuan Tsang fut, pendant plusieurs siècles, à l'origine d'une multitude de légendes. Wou Tch'eng-en, qui vécut entre 1500 et 1582, les reprit à son compte dans ce célèbre roman où notre moine, rebaptisé Tripitaka, est flanqué de compagnons mythiques dont le malicieux Roi Singe. Le récit de sa quête est un mélange unique de beauté et d'absurde, de profondeur et de sottise ; le folklore, l'allégorie, la religion, l'histoire, la satire, la poésie, tout s'y rencontre. Un classique de la littérature chinoise.

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Point besoin de présenter « Le Singe Pèlerin », de Wou Tch'eng-En. C'est, avec le Roman des trois royaumes, Au bord de l'eau, Jin Ping Mei, et le Rêve dans le pavillon rouge, l'un des grands classiques de la littérature chinoise. Reste à choisir la meilleure traduction. Il n'y a sur le marché que 3 ou 4 versions, toutes postérieures à 1900. Celles de Fredéric Tristan, de Louis Avenol (1957) et de la "La Pléiade", et celle-ci, de George Deniker, elle-même traduite de la version anglaise d'Arthur Waley (1951). Cette version Waley/Deniker n'est pas la meilleure. Elle a été raccourcie d'une bonne partie, le traducteur ne gardant que ce qu'il considère comme essentiel. Déjà, la version anglaise, bien que saluée comme l'une des meilleures, n'est pas très réussie. Waley, pourtant considéré comme un grand sinologue, n'a, me semble-t-il, qu'une connaissance très académique de la culture chinoise, qu'il considère avec quelque condescendance, signe de l'époque. Il passe donc à côté de la dimension intemporelle, métaphysique, philosophique et politique et ne retient que l'aspect factuel. Denicker le retraduit en français dans le même esprit, agrémentée de pas mal de contre-sens, faux amis et approximations. Si on n'a pas le courage d'attaquer la version d'André Levy de la "La Pléiade", la plus complète, la plus érudite, mais la plus chère, il vaut mieux se rabattre sur la truculente version de Fredéric Tristan qui, bien que très peu fidèle au texte, n'en restitue pas moins l'esprit.Roman de cape et d'épée pour les uns, conte métaphysique pour les autres, le Singe Pèlerin est, en Asie, connu de tout le monde, illettré ou cultivé. Justicier annonciateur des temps modernes, mystique révolté, révolutionnaire prométhéen, ce primate hors du commun trouve l'Ordre établi,confucéen et taoiste, trop inique à son gout. Il part à l'assaut des cieux, défiant tous les dieux, saints ou démons du Cosmos chinois. Cultivant le paradoxe, il part en pèlerinage en Inde pour ramener les Ecritures Saintes afin d'apporter la sagesse au monde, tout en semant l'apocalypse sur son passage, car seul le malheur peut introduire la religion dans le c?ur des hommes. Mao Tse Toung a rendu hommage à cette vision hégélienne de la Chine impériale en lui dédiant un poème.


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